J'ai pu observer de mes propres yeux l'un de ces fameux villages Himba. C'était une expérience hors du temps, un choc des civilisations. Moi, européen que je suis, vivant dans le luxe d'un pays dit moderne et civilisé, nez à nez avec l'une de ses femmes Himba vivant comme le faissait tout les peuples depuis des millions d'années. C'est inexplicable comme rencontre. Malheureusement encore une fois, ce peuple avec une culture différente et ancêstrale est gravement menacé.

J'ai trouvé ce petit reportage que je tiens à vous faire partager pour que vous compregniez la situation. Bonne lecture !

Un tour au pays des Himbas..
Qui sont les Himbas ?
Par une Guide et conseillère d'une agence de voyage.
Les Himbas vivent en Namibie, ils sont des éleveurs et font partie du groupe linguistique bantou. L’apparence des femmes est quelque peu particulière. Elles s’enduisent de graisse et d’ocre et sont vêtues de peau de chèvre. Les Himbas sont souvent considérés comme étant résistants, fiers et sauvages.
Mais d’où viennent-il ? Ils sont apparus pour la première fois en Namibie vers le XIIIe siècle. D’autres tribus étaient déjà installées dans la région alors les Himbas ont dû poursuivre leur route jusqu’au centre du pays. En lutte continuelle afin de pouvoir avoir accès à des points d’eau et aux rivières, ils ont donc opté pour un style de vie semi-nomade. En raison de leur isolement et du rejet social face aux autres tribus, ils sont devenus une proie facile pour les bandes de voleurs de bétail.
Au milieu du XIXe siècle, ils sont encore attaqués et dépossédés de leurs troupeaux et se replient en Angola. Pour survivre ils deviennent chasseurs et cueilleurs. Mais quoi de plus dégradant pour un peuple de pasteurs ! C’est aussi à cette époque qu’ils héritent de leur nom : Himbas qui veut dire mendiants. Ce n’est que dans les années ’20 qu’ils peuvent enfin regagner leur terre. Ils reconstruisent patiemment leur cheptel et en 1970, ils sont les pasteurs les plus riches d’Afrique. Leur troupeau comptait alors plus de 130 000 têtes de bétail, des dizaines de milliers de moutons et de chèvres. Mais le destin s’acharne encore, dans les années ’80 une terrible sécheresse frappe et se poursuit par sept ans de guerre opposant l’armée sud-africaine et les indépendantistes. Une fois de plus, ils perdent tout et survivent durant plusieurs années grâce à une aide alimentaire venant des OMG. Aujourd’hui, ils ont partiellement reconstitué leurs troupeaux et repris leur vie semi-nomade. ( Les Himbas ont tendance à vouloir se sédentariser depuis l’arrivée du tourisme dans la région)
Un proverbe Himba dit : « Un Himba n’est rien sans bétail ». Symbole de statut social, le troupeau nourrit la tribu, mais représente aussi un lien spirituel avec le divin. Chaque animal résume à lui seul la totalité du monde. Les Himbas ont plus de 500 mots pour désigner la vache, en fonction de la couleur de sa robe, le lustré de ses poils, la forme de ses cornes etc. Ils refusent de les marquer, le tatouage étant une atteinte à leur intégrité physique. Pour eux, la vache est une œuvre d’art à elle seule. C’est d’ailleurs pour être aussi belles que les vaches rousses, réputées pour être les plus résistantes, que les femmes Himbas se couvrent quotidiennement le corps d’ocre et de graisse.
En 1990, la Namibie obtient son indépendance, mais les Himbas ont maintenant un nouveau problème : Un projet de construction de barrage dans la région menace d’inonder les terres de pâturages et les tombes de leurs ancêtres. Il inonderait environ 200km2 des meilleures terres et détruirait aussi la végétation sur près de 60 km en aval. Cette bande de végétation compte plusieurs plantes indispensables à l’alimentation du bétail ainsi que des palmiers fruitiers desquels se nourrissent les Himbas. 700 personnes vivent dans la région qui sera inondée mais plus de 2000 sont directement concernées par la disparition des ressources écologiques. Beaucoup de gens habitant la région ne sauront pas ou aller, mais la disparition des tombes est l’argument le plus fréquent afin d’essayer de faire avorter le projet. Les croyances des Himbas sont basées sur le culte des ancêtres et celui-ci les oblige à se rendre plusieurs fois par année sur les tombes de leur mort.
De plus, l’existence d’un lac serait favorable au développement de certaines maladies comme le paludisme. La présence de travailleurs venant d’autres régions amènerait aussi d’autres maladies comme des MTS et le sida qui avaient épargné les Himbas jusqu’à maintenant. Sans parler d’un déséquilibre économique et naturel possiblement engendré par un afflux de population dans la région. Tous ces changements affecteraient grandement la société Himba qui, aujourd’hui, n’est pas en mesure d’absorber une transformation contextuelle si rapide.
Le peuple Himba est fort et à traversé beaucoup de tempêtes et difficultés depuis leur arrivée en Namibie, sauront-il survivre à cette épreuve supplémentaire ?
N.B. Le projet du barrage d’Epupa est à l’ordre du jour depuis 2 ans, mais rien ne bouge en ce sens.